vendredi, 27 avril 2007
Elections: La guerre des trois n'aura pas lieu
On savait déjà que Nicolas Sarkozy avait rejeté la proposition de Bayrou d'un débat entre les tours, invoquant (à juste titre) le fait que cela ne concerne que les deux finalistes. Genre: "Toi, tu as perdu, dégage"
Après moults changements et revirements, voilà c'est tranché: il n'y aura pas non plus de débat entre Ségolène Royal et François Bayrou.
Canal, qui semblait être le choix final des deux participants, a argué de ce que le CSA impose une égalité de temps de parole entre les candidats et qu'il leur faudrait donc soit inviter au débat Nicolas Sarkozy [ou un de ses représentants], soit lui proposer un débat équivalent avant vendredi prochain.
Le CSA dit que Canal+ a anticipé sa réponse, mais les dirigeants de la chaîne cryptée sont suffisamment au fait de ce que leur impose le CSA en cette période pour ne pas avoir eu besoin de l'attendre.
Moi, ce qui me gêne dans tout ça, c'est cette égalité que le CSA impose. Certes, c'est profitable aux petits candidats pendant la campagne avant le premier tour. Mais on n'impose pas aux journaux de presse écrite ni même aux radios la même contrainte. Pourquoi? On accepte qu'un journal papier ou une radio soit engagé. Pourquoi ne l'accepte-t-on pas de la télévision? Essaye-t-on de nous faire croire que les gens de télévision sont les seuls Français neutres et qu'ils n'ont d'avis sur rien? Un peu antinomique je trouve: Comment peut-on espérer qu'on croie que les journalistes télé n'ont pas de conviction ni d'avis sur quoi que ce soit?
On pourrait fort bien lever cette obligation d'égalité du temps de parole, qui nuit souvent aux débats. Il ne serait, à mon sens, pas choquant de voir par exemple une interview consensuelle d'un candidat UMP un soir sur une chaîne de droite, et un débat houleux le lendemain avec le même candidat sur une chaîne de gauche. En quoi cela serait-il gênant si les chaînes sont marquées de façon claire comme le sont les journaux et les journalistes de presse écrite?
Cela nous éviterait des frustrations comme celles que l'on ressent quand on entend à la suite de la dernière-question-qui-résume-tout: "Répondez brièvement, il ne vous reste que 20 secondes". Et puis cela va un peu, voire beaucoup parfois, à l'encontre du principe du droit de réponse.. et de la liberté de la presse.
09:20 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : débat, 2ème tour, bayrou, media, csa, temps de parole, égalité

