jeudi, 03 mai 2007

Débat de l'entre-deux-tours: Match nul

N'en déplaise à certains, qui se reconnaitront sans doute, je suis de gauche mais ça ne m'empêche pas de critiquer les gens de gauche.
Ceci étant posé, j'ai suivi avec attention, comme bon nombre de Français, le fameux débat de l'entre-deux-tour d'hier soir. Un débat attendu et, ma foi, plutôt à la hauteur de ses promesses.
Bien que cela n'aide pas tout le monde à décider quel bulletin il mettra dans l'urne dimanche, car comme l'ont dit certains journalistes, les candidats ont essayé sans trahir leurs convictions de faire de l'oeil à tous les indécis du centre en restant plutôt consensuels, nuançant leurs propos et tombant bien des fois d'accord, ce que Mr Sarkozy a souligné plus qu'à son tour.
Ségolène Royal a été assez fidèle [mais tellement plus naturelle!] à ce qu'elle avait été à Charlety la veille. Nicolas Sarkozy quant à lui a choisi d'être doux, courtois et tempéré, et cette tempérance est très loin, dit-on, de l'attitude qu'il avait lui adopté à son dernier grand meeting. Il est vrai qu'il s'y adressait aux militants, alors qu'hier il était regardé par quelque chose comme 20 millions de Français sur pas moins de 7 chaînes de télévisions.
Bien évidemment, le débat a viré quelquefois au combat comme on s'y attendait, chacun marquant des points à tour de rôle. Aux dires des pro-Ségo, elle a gagné le débat, à entendre les pro-Sarko il a remporté le combat.
Les journalistes quant à eux sont assez partagés sur l'impact de ce débat et sur l'issue des urnes dimanche, il semble que rien ne soit vraiment joué encore.
Et moi dans tout ça ? Moi, je prédis un 53-47 pour Nicolas Sarkozy. Et en toute honnêteté, je ne sais pas encore quoi voter. Entre un programme et un homme un peu effrayant mais qui pourrait réussir, et un programme et une femme qui respirent l'humain mais qui pourraient bien agraver encore la situation, mon coeur balance. Et si je votais blanc ?

dimanche, 29 avril 2007

Media et Politique: Enchaînement volontaire

Jeudi soir dernier sur France2, après l'émission "A vous de juger" consacrée à Nicolas Sarkozy, la chaîne a diffusé un reportage, trop court mais ne le sont-ils pas toujours, intitulé "Présidentielles : Petite histoire des duels télévisés".
Très intéressant comme je le disais, en revoyant ces images j'ai découvert des choses que je n'avais jamais décelé: le charisme de Mitterrand et la jeunesse évidente de Chirac en 81 notamment.
Mais ce qui m'a frappé, et d'ailleurs Roland Cayrol le souligne, c'est cette habitude qu'on a, ou devrais-je dire "que les responsables des chaînes ont", de laisser les candidats au deuxième tour choisir les journalistes qui vont les questionner. Je trouve ça absolument scandaleux. Les télévisions devraient choisir elles-mêmes les journalistes les mieux aptes à présenter le débat de l'entre-deux-tours. Laisser les participants choisir fausse quelque peu le débat présenté aux électeurs, ça ressemble plus à une campagne de pub qu'à une vraie émission politique. Quand les responsables media auront enfin le cran de s'opposer enfin à ce diktat des politiques, je crois qu'on aura fait un bon pas en avant. Encore une fois pour la liberté de la presse mais aussi pour l'intérêt du débat présenté et tout le monde devrait y gagner, certes surtout les électeurs.

vendredi, 27 avril 2007

Elections: La guerre des trois n'aura pas lieu

On savait déjà que Nicolas Sarkozy avait rejeté la proposition de Bayrou d'un débat entre les tours, invoquant (à juste titre) le fait que cela ne concerne que les deux finalistes. Genre: "Toi, tu as perdu, dégage"
Après moults changements et revirements, voilà c'est tranché: il n'y aura pas non plus de débat entre Ségolène Royal et François Bayrou.
Canal, qui semblait être le choix final des deux participants, a argué de ce que le CSA impose une égalité de temps de parole entre les candidats et qu'il leur faudrait donc soit inviter au débat Nicolas Sarkozy [ou un de ses représentants], soit lui proposer un débat équivalent avant vendredi prochain.
Le CSA dit que Canal+ a anticipé sa réponse, mais les dirigeants de la chaîne cryptée sont suffisamment au fait de ce que leur impose le CSA en cette période pour ne pas avoir eu besoin de l'attendre.

Moi, ce qui me gêne dans tout ça, c'est cette égalité que le CSA impose. Certes, c'est profitable aux petits candidats pendant la campagne avant le premier tour. Mais on n'impose pas aux journaux de presse écrite ni même aux radios la même contrainte. Pourquoi? On accepte qu'un journal papier ou une radio soit engagé. Pourquoi ne l'accepte-t-on pas de la télévision? Essaye-t-on de nous faire croire que les gens de télévision sont les seuls Français neutres et qu'ils n'ont d'avis sur rien? Un peu antinomique je trouve: Comment peut-on espérer qu'on croie que les journalistes télé n'ont pas de conviction ni d'avis sur quoi que ce soit?
On pourrait fort bien lever cette obligation d'égalité du temps de parole, qui nuit souvent aux débats. Il ne serait, à mon sens, pas choquant de voir par exemple une interview consensuelle d'un candidat UMP un soir sur une chaîne de droite, et un débat houleux le lendemain avec le même candidat sur une chaîne de gauche. En quoi cela serait-il gênant si les chaînes sont marquées de façon claire comme le sont les journaux et les journalistes de presse écrite?
Cela nous éviterait des frustrations comme celles que l'on ressent quand on entend à la suite de la dernière-question-qui-résume-tout: "Répondez brièvement, il ne vous reste que 20 secondes". Et puis cela va un peu, voire beaucoup parfois, à l'encontre du principe du droit de réponse.. et de la liberté de la presse.