mercredi, 25 avril 2007
Justice: Des réformes attendues
Du nouveau dans l'affaire de Montigny-les-Metz.
Rappelez-vous, il y a tout juste 5 ans, Patrick Dils était acquitté par la cour d'appel de Lyon du meurtre de deux enfants sauvagement assassinés et retrouvés derrière un talus à Montigny-les-Metz. Il était alors un des premiers à profiter de la possibilité de faire appel en assises, droit qui était jusqu'en 2001 réservé aux affaires relevant du tribunal correctionnel.
Cet appel faisait suite à un procès en révision, révision qui avait été acceptée grâce à de nouveaux éléments: un co-détenu de Francis Heaulme certifiait que celui qu'on surnomme "le routard du crime" lui avait dit avoir tué les enfants. De plus, Heaulme travaillait à 400m du fameux talus au moment des faits et avait été même vu couvert de sang ce jour-là. [Heaulme avait alors répondu à ses collègues être tombé de vélo. Il a dit par la suite que les enfants lui avaient jeté des pierres.] De plus, les gendarmes estimaient que le double-meutre portait la "quasi-signature criminelle de Francis Heaulme. Ce nouveau doute quant à la culpabilité de Patrick Dils, associé à l'incohérence des aveux qu'il avait faits sous le menace et/ou la contrainte morale, avaient alors permis l'aquittement.
Quoi de neuf 5 ans après me direz-vous ? Eh bien, 5 ans après, c'est Heaulme qu'on juge pour le meurtre des enfants. Et l'insuffisance de preuves devrait logiquement lui apporter le non-lieu.
Pour résumer donc, on acquitte Dils parce que Heaulme pourrait bien être coupable, et quand Heaulme est jugé, il y a non-lieu.
Ce qui est original dans cette affaire, c'est que la partie civile elle-même demande le non-lieu de Heaulme, convaincue de la culpabilité de Dils. M'est avis que les familles les victimes doivent même avoir le sentiment de s'être faits manipuler.
Ainsi donc, les parties civiles souhaiteraient un procès en révision pour Patrick Dils. Et voilà le hic. La loi française permet aux condamnés de demander la révision de leur procès mais ne le permet pas aux parties civiles, ni même aux victimes.
Drôle de justice, n'est ce pas. Toujours est-il qu'avec les élections en cours et des réformes attendues pour la justice dans son ensemble, les familles des deux petits garçons pourraient peut-être trouver une oreille favorable après le 6 mai.
09:09 Publié dans Actualités, Justice, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : heaulme, non-lieu, dils, révision, appel, montigny-les-metz


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